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Vers des data centers plus écologiques ?

Ce n’est pas nouveau, lorsque que vous envoyez un mail, que vous créez un site web, ou que vous naviguez tout simplement sur internet, cela pollue. Comment ? En hébergeant les données, internet émet (beaucoup) de CO2. Internet, ou plutôt devrions-nous parler des data centers, qui hébergent ces données et consomment énormément d’énergies non valorisées en faisant cela.

En travaillant dans le big data, nous sommes conscients que récolter, stocker et héberger des données a un prix. L’utilisation de celles-ci est, de nos jours, capitale et ne peut être évitée. Il est donc nécessaire d’exploiter ces dernières de la manière la plus éthique et durable possible.

Mais existe-t-il des solutions pour réduire l’empreinte carbone du stockage de ces données ?

Tout comme pour les autres articles de notre série #datapourdemain, nous souhaitons vous partager nos différentes pistes de réflexion pour pouvoir avancer, ensemble, vers une meilleure utilisation de la data.

En quoi les data centers polluent-ils ?

Un data center (centre de données), est un entrepôt qui héberge l’ensemble des machines qui servent à gérer, stocker et traiter les données d’une ou plusieurs entreprises. Et qui dit machines, dit forte consommation d’énergie due aux serveurs qui fonctionnent 24H/24.

Au delà de la consommation d’électricité dédiée au fonctionnement des machines, les data centers ont également besoin d’un système de climatisation qui fonctionne 24H/24 et 7j/7 car les machines hébergées dans ces centres sont en surchauffe permanente avec toute l’énergie qu’elles utilisent. 

Selon Lebigdata.fr, les data centers représentent à eux seuls 17% de l’empreinte carbone de la technologie. 

Encore plus alarmant, le média CBC prévoit une consommation de 650 térawatt-heure des data centers au niveau mondial pour l’année 2020. Si cela ne vous évoque pas grand chose, 650 térawatt-heure pourrait représenter la consommation d’électricité d’un pays entier.

Peter Gross du New-York Times affirme également qu’un seul data centers peut consommer l’énergie d’une ville entière de taille moyenne.

Si un seul data center consomme autant, par combien faut-il le multiplier ?

Selon la carte des data centers, il y aurait aujourd’hui plus de 4 500 data centers dans le monde (dont 2 500 en Europe.)

Source : https://www.datacentermap.com/

Selon le dernier rapport de Hootsuite et We Are Social, nous sommes aujourd’hui 4,54 milliards d’internautes dans le monde. Et ce chiffre n’est pas prêt de diminuer.

Par conséquent, la consommation de data centers non plus. Il est donc nécessaire de mettre en place des solutions adéquates et accessibles à tous pour réduire l’impact environnemental de l’utilisation de la donnée.

En agrandissant le nombre de data centers, cela réduit également les possibilités de développer d’autres infrastructures, notamment celles liées à la transition énergétique.

C’est d’ailleurs la problématique que rencontre la ville d’Amsterdam qui se retrouve aujourd’hui interdite de construire de nouveaux data centers durant un an, tellement son nombre y est déjà important. 

Des pays, tels que l’Irlande par exemple, n’arriveront pas à atteindre leurs objectifs en termes de transition énergétique à cause de la sur-consommation énergétique de ces centres.

Source : wearesocial.com

Pour le moment, la majorité des entreprises qui parviennent à développer ou bénéficier de ces serveurs font partie des entreprises les plus puissantes de notre monde économique : les GAFAs. Facebook, Google, Microsoft, Amazon et d’autres possèdent d’ailleurs leurs propres data centers. Mais quelles solutions proposent-ils pour revaloriser leur consommation ?

Quelle(s) solution(s) apportent les green data centers ?

Les GAFAs et autres grands acteurs économiques justifient le développement de leurs data centers en passant aux énergies vertes avec les “Green Data Centers”.

Mais quels sont les apports de ces green data centers ? Comment est-ce possible de pallier toute la pollution produite par nos données ? 

En réalité, il est difficile d’y remédier, cependant quelques options existent : limiter la perte de chaleur et utiliser les énergies renouvelables telles que le soleil, l’eau et le vent. 

Les premières solutions qui apparaissent sont principalement basées sur :

  • Le refroidissement des datas center en les hébergeant dans des zones au climat plus frais afin de limiter les pertes de chaleur comme en Norvège, en Suède ou en Finlande par exemple.

En localisant les data centers dans des pays froids, plus besoin d’opter pour des solutions de climatisation énergivores, le refroidissement se fait de manière plus naturelle, en partie grâce au climat.
Cela fonctionne également lorsque les data centers se situent à proximité d’eau grâce à la technique du “free cooling à eau”.

  • L’utilisation des techniques de “free cooling”.

Le free cooling, qui pourrait littéralement être traduit par “rafraîchissement gratuit” est une méthode de refroidissement écologique qui remplace l’utilisation d’une pompe à chaleur en redistribuant directement l’eau (située à proximité du data center) dans un circuit d’eau glacée du data center.
Concrètement, le datacenter utilise un système qui lui permet de puiser de l’eau froide pour refroidir ses propres serveurs informatiques.

Il existe également d’autres systèmes de free cooling, disponibles sur : https://ecoinfo.cnrs.fr/2009/10/08/le-free-cooling/.

  • L’ancrage de cette perte de chaleur dans une démarche d’économie circulaire 

De plus en plus d’entreprise, dont Fortum en Finlande, valorisent cette perte de chaleur en chauffant des entreprises, des piscines, voire des foyers situés à proximité d’un data center.
Fortum a développé ce projet pour la ville d’Espoo, et souhaite être en capacité de chauffer l’ensemble de la ville d’ici 2030.

  • En s’accompagnant de l’IA pour une optimisation la gestion de la consommation d’énergies de la meilleure manière possible.

Google a par exemple, fait appel à Deepmind qui est une solution d’ajustement et de gestion du système de refroidissement basée sur l’Intelligence Artificielle.
En utilisant l’IA, les data centers réduisent une partie de leur impact énergétique de manière optimale et autonome et limitent de manière significative l’intervention des techniciens.

Le data center de Rennesoy : le data center le plus vert du monde selon la Tribune

Le data center de Green Moutain, est situé sur l’île de Rennesoy, en Norvège, à 200 mètres sous la roche. Il a été construit dans un ancien entrepôt de l’OTAN.

Pourquoi s’attarder sur celui-ci ?
Il s’agit de l’un des data centers les plus écologique du monde, mais pourquoi ?
Grâce à sa localisation, le centre de Green Moutain puise ses ressources dans les énergies circulaires et renouvelables, notamment dans le Fjord qui se situe juste à côté de ce dernier.
L’eau récoltée dans les fjord grâce à la technique du free cooling est utilisée pour le refroidissement des machines et est ensuite à nouveau déversée dans la mer.
De plus, toute l’énergie nécessaire au fonctionnement du data center est fournie par deux centrales hydro-électriques.

Source : https://www.lemondeinformatique.fr

Que penser de tout cela ?

La démarche circulaire et écologique qui se trouve derrière ces nouveaux green data centers représente, depuis les années 2000 une première vague de progrès dans la considération de ces enjeux cruciaux.

Plusieurs questions se posent tout de même : combien de temps nous faudra-t-il pour améliorer et développer ce modèle dans le monde entier ?

Qu’en est-il des data centers existants qui se trouvent dans des zones où le climat y est déjà très rude et où la probabilité de les rendre écologiques est très faible ?

Et surtout, que faire pour les rendre accessibles à tous ?

Car, lors de nos différentes recherches, la plupart des entreprises qui bénéficient actuellement de ces green data centers ne sont pas des TPE ou des PME. Ce sont  encore, et toujours, les GAFAs qui défient toute concurrence.

Passer sur un data center écologique, n’est malheureusement pas une démarche qui se fait si facilement. Il s’agit d’un sujet compliqué pour certaines entreprises, comme 1BY1, car lorsque l’on est une plus petite structure, il est difficile d’avoir la main sur ce genre de sujets, d’avoir le financement disponible, et surtout de se trouver à proximité d’une zone idéale au déploiement d’un green data center.

Sources :

https://cleanfox.io/blog/pollution-numerique-fr/data-centers/

https://www.greendatacenterplatform.com/

https://ecoinfo.cnrs.fr/2009/10/08/le-free-cooling/

https://www.futura-sciences.com/tech/actualites/intelligence-artificielle-google-ia-commandes-refroidissement-datacenters-72482/

https://www.latribune.fr/technos-medias/informatique/20141008trib088bf8509/le-data-center-le-plus-vert-du-monde.html

https://www.clubic.com/mag/environnement-ecologie/actualite-881598-650-terawatts-heure-consommation-prevue-data-centers-monde-entier-2020.html

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